Comment les scores sont calculés, d'où viennent les seuils, et pourquoi chaque résultat s'accompagne d'un intervalle.
Chaque instrument est décrit dans un classeur de recettage : ses items, son échelle, sa règle de calcul, ses seuils, ses propriétés métrologiques et ses références. Aucune valeur n'est écrite dans le code. Modifier un seuil ou une borne de bande se fait dans le classeur, et la modification est datée.
Ce choix a une conséquence que vous pouvez vérifier : la version du barème appliqué est enregistrée avec chaque résultat. Un score calculé il y a six mois reste interprétable avec les règles en vigueur à l'époque.
Nous ne fixons aucun seuil. Chaque barème porte sa source, la population sur laquelle il a été établi, le critère de référence utilisé pour le valider, et un niveau de preuve. Lorsque la littérature en propose plusieurs, ils sont tous consignés et l'un est retenu par défaut, avec la raison de ce choix.
Certains instruments ont des seuils différenciés. Le CES-D, par exemple, retient 16 chez les hommes et 20 chez les femmes dans sa validation française. Le barème appliqué dépend alors de ce que la personne a renseigné, et un barème commun sert de repli.
L'erreur type de mesure se calcule à partir de l'écart-type d'une population de référence et d'un coefficient de fidélité : écart-type multiplié par la racine de un moins la fidélité. L'intervalle affiché est cette erreur multipliée par 1,96, soit un intervalle à 95 %.
Le coefficient retenu dépend de l'usage. Pour un instrument de repérage, la cohérence interne convient. Pour un instrument de suivi, nous retenons la fidélité test-retest, qui répond à la question posée : ce changement entre deux mesures est-il réel ? C'est le cas du PCL-5, dont l'intervalle atteint pour cette raison plus ou moins quinze points.
Quand aucun écart-type n'est publié, aucun intervalle n'est affiché. Nous préférons ne rien montrer plutôt qu'une précision inventée. C'est le cas de l'échelle de Hamilton.
Une différence entre deux mesures n'est interprétable que si elle dépasse ce que l'erreur de mesure peut produire à elle seule. Nous appliquons l'indice de changement fiable de Jacobson et Truax : erreur type de la différence égale à l'erreur de mesure multipliée par la racine de deux, puis seuil à 1,96 fois cette valeur.
Concrètement, il faut 3,2 points sur le PHQ-9 et 21 points sur le PCL-5. Ce dernier chiffre surprend, mais il découle de la précision de l'instrument : une baisse de quinze points peut n'être que du bruit de mesure.
Une sensibilité et une spécificité ne suffisent pas à interpréter un résultat : la probabilité qu'une personne située au-dessus du seuil présente réellement le trouble dépend de la prévalence dans la population où l'on mesure.
Les valeurs prédictives publiées proviennent souvent d'échantillons cliniques où la prévalence est élevée. Le PCL-5 annonce ainsi 0,91, sur un échantillon militaire où trois personnes sur quatre étaient concernées. Ramenée à 15 %, prévalence plausible en soins primaires, cette valeur tombe à 0,37. C'est celle que nous affichons, et la prévalence retenue est indiquée.
Répondre deux fois à quelques jours d'intervalle ne mesure rien : la période de référence se recouvre, et l'effet de mémoire fait varier les réponses pour des raisons étrangères à l'état de la personne. Chaque instrument porte donc un délai minimal, déclaré dans son classeur, distinct selon qu'il est adressé par un professionnel ou passé en autonomie.
Une règle d'alerte porte sur un item ou sur un score, avec une condition explicite. Deux niveaux existent. Une alerte de sécurité signale un risque et impose une conduite : elle est tracée et vous est notifiée. Une alerte d'orientation suggère une exploration sans caractère d'urgence.
Un instrument peut par ailleurs aborder des contenus difficiles sans comporter de risque clinique. Son accès est alors restreint, mais aucune alerte n'est levée.
Nous ne posons aucun diagnostic, ne proposons aucune interprétation clinique, et n'employons jamais le mot « positif ». Un questionnaire mesure ce qu'une personne déclare ressentir sur une période donnée. Le reste vous appartient.
Nous n'adaptons pas les instruments. Modifier un item, retirer une question ou déplacer un seuil invaliderait les propriétés publiées, et donc l'interprétation.
Une veille sur les instruments. Les outils évoluent : une nouvelle version paraît, des normes sont republiées sur un échantillon plus large, un seuil est révisé. Nous suivons ces publications et mettons les barèmes à jour, en conservant les anciens plutôt qu'en les remplaçant. Un résultat calculé l'an dernier doit rester interprétable avec les règles de l'époque.
Des normes par population. Un même score ne se lit pas de la même façon selon qui répond. Le niveau de stress professionnel d'un médecin hospitalier ou d'une infirmière ne se compare pas utilement à celui de la population générale : les valeurs y sont structurellement plus élevées, et un score situé au-dessus de la moyenne générale peut être ordinaire dans ce métier. De même, les stratégies d'ajustement à une situation stressante diffèrent chez une personne atteinte de cancer, où l'évitement n'a pas la même signification clinique qu'ailleurs.
Nous ajoutons donc, instrument par instrument et à mesure que les publications le permettent, des barèmes propres à certaines professions et à certaines pathologies. Le barème appliqué est toujours indiqué avec le résultat.
La référence de chaque instrument, avec son DOI, figure sous chaque résultat et dans le catalogue. Les seuils, l'erreur de mesure et la prévalence retenue sont affichés. Si un choix vous paraît discutable, écrivez-nous : c'est ainsi que ces décisions s'améliorent.